Voile & Grand Air

Le sport dehors, sans posture

Une sortie se dimensionne sur le plus lent du groupe

Avatar de Erwann Tastevin

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Un horaire de retour calculé sur la moyenne d’un groupe se révèle presque toujours optimiste : c’est l’allure du membre le plus lent, pas la moyenne, qui détermine réellement la durée totale d’une sortie en plein air.

Cette réalité surprend souvent les organisateurs occasionnels, habitués à raisonner sur leur propre rythme. Un groupe de six personnes n’avance pas à la vitesse de celle qui marche le plus vite : il avance, mécaniquement, à celle qui marche le moins vite, sauf à accepter de la laisser distancée, ce qui pose d’autres problèmes de sécurité.

Laisser un membre du groupe prendre de l’avance, même modérément, complique aussi la gestion collective d’un imprévu : un sentier qui se divise, une météo qui se dégrade brusquement, une chute mineure qui nécessite une pause. Garder le groupe suffisamment resserré, sans viser une allure uniforme artificielle, facilite la réaction commune si l’un de ces imprévus survient en cours de route.

Le rythme, pas seulement une question de forme physique

L’allure la plus lente d’un groupe ne reflète pas toujours un manque de condition physique : elle peut venir d’un équipement moins adapté, d’une appréhension sur un passage technique, d’une chaussure qui blesse discrètement, d’une nuit de sommeil un peu courte ou simplement d’une envie de prendre le temps d’observer le paysage. Vouloir uniformiser artificiellement l’allure de tout le monde crée souvent plus de tension que la lenteur elle-même.

Des pauses qui profitent à tous, pas seulement aux plus lents

Multiplier les pauses courtes plutôt qu’une seule longue pause profite à l’ensemble du groupe : les plus rapides récupèrent un peu, les plus lents rattrapent sans se sentir mis en difficulté en continu. Ce rythme par paliers, plus qu’une allure imposée en continu, réduit la fatigue cumulée sur une longue sortie.

Le choix du moment de la pause compte aussi : s’arrêter juste avant un passage difficile plutôt que juste après permet d’aborder ce passage avec un peu plus de fraîcheur, et donne au membre le plus lent une chance de récupérer avant l’effort suivant plutôt qu’après, quand la fatigue s’est déjà installée.

La marge d’horaire, la vraie protection

Plutôt que de chercher à faire progresser tout le groupe plus vite, la solution la plus fiable consiste à prévoir une marge d’horaire large dès la construction du programme, en se basant sur l’allure réelle du plus lent et non sur une moyenne théorique. Cette marge absorbe les pauses, les hésitations sur un passage et les changements météo de dernière minute, sans transformer la fin de sortie en course contre la nuit. Un horaire de retour fixé avec une marge confortable, communiqué clairement à tout le groupe avant le départ, réduit aussi la pression psychologique ressentie par le membre le plus lent, qui n’a alors plus le sentiment de retarder les autres à chaque pause qu’il ou elle demande.

Consulter un bulletin météo fiable avant de fixer cet horaire, par exemple sur Météo-France, permet d’ajuster la marge à la baisse ou à la hausse selon la fenêtre de temps stable réellement disponible ce jour-là.

Le même principe de calage sur le rythme le plus contraignant, plutôt que sur la moyenne, vaut aussi pour une sortie en sports nautiques en groupe, où la fenêtre de vent favorable doit se caler sur le pratiquant le moins à l’aise, pas sur le plus expérimenté.


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